On attendait du Montpellier-Hérault qu'il affiche sa capacité à faire partie du gotha national. Qu'il montre à cette France du football encore incrédule qu'il n'est pas arrivé là par l'opération du Saint-Esprit. Ils ont donc répondu présents. Mais ils ont n'ont pas gagné, certes. Qu'importe.
Parce que la Ligue 1 ne tolère aucune erreur. Parce que l'engagement et l'abnégation ont parfois des limites, le promu a du faire avec les moyens du bord. Trop tôt... Et s'il ne tardera pas à devenir le Nîmois le plus apprécié de La Mosson, après Michel Mézy évidemment, Cyril Jeunechamp devra à l'avenir réfréner
ses belles ardeurs. Un accrochage avec Makelele, une faute sur Giuly, un arbitre strict et voila le MHSC privé d'un joueur précieux au bout de 33 minutes de jeu. Rageant !
Difficile dans ces conditions de conserver la belle maîtrise affichée une demi-heure durant. Impossible de reproduire le schéma de jeu imposé par René Girard. Un positionnement haut et des ballons gagnés dans les pieds parisiens, à l'image d'un Belhanda débordant de bonnes idées. A dix contre onze, sans le pied gauche magique de Costa (suspendu) sur les coup-francs et malgré le soutien d'un public conquis, Montpellier du se satisfaire de contres lointains.
Et c'est encore un coup du sort qui allait frapper la formation héraultaise. Sous la forme d'un « pet de nonne » (lisez une frappe peu appuyée) de Claude Makelele que Jourdren, pourtant impeccable à plusieurs reprises, ne sû mettre au fond de la niche. Du pain béni pour Giuly (71e)...
La soirée s'annonçait belle et réussie. Elle allait générer de l'amertume. Et des regrets. Du moins le pensait-on. Car si l'envolée de Montano (75e) qui effaçait Coupet avant de voir Sakho revenir sur sa ligne, semblait éteindre les ultimes espoirs héraultais, c'est dans les arrêts de jeu que le MHSC allait trouver la voie. Celle d'un nul parfaitement mérité. Sur un ultime corner tiré de la gauche. Et c'est le nouveau venu en défense, le capitaine de l'équipe nationale de Bosnie, Emir Spahic, qui décochait une tête gagnante. Ouf, Montpellier n'avait pas mérité de perdre cette rencontre initiale sur sa pelouse.
Voilà donc une soirée qui s'achevait dans un bain de bonheur. Celle d'un stade plein comme un ½uf et qui forcément, reviendra nombreux encourager ses joueurs. Car si Louis Nicollin, en début de saison, réclamait une équipe d'hommes, le président montpelliérain doit ce matin être pleinement rassuré. Face à des Parisiens pas vraiment géniaux mais suffisamment solides, ses joueurs ont démontré des qualités indéniables. A renouveler au plus vite. Pourquoi pas dès samedi prochain à Lorient ?

